02.09.2010 Lait cru Les mesures prônées par l’AFSCA menacent les exploitations artisanales et ne répondent pas au risque de contaminationA l’occasion du salon « Valériane » 2010, Ecolo tient à réitérer son soutien à la filière « lait cru » et particulièrement aux éleveurs de chèvres et de brebis qui sont sous la menace de mesures inappropriées imposées par l’AFSCA.
L’Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire souhaite imposer aux producteurs ovins et caprins de fromages au lait cru de pasteuriser leur lait en cas de présence de la « fièvre Q » dans leur exploitation.
Comme beaucoup d’acteurs concernés, Ecolo conteste l’efficacité de cette mesure qui ne répond pas au risque de contamination des humains par la fièvre Q et menace de quasi disparition les fromageries artisanales dans ces filières.
Les motivations sanitaires invoquées par l’Agence pour imposer la pasteurisation sont largement contestables scientifiquement et ne sont pas validées par l’Agence européenne pour la sécurité alimentaire. Actuellement, il n’existe pas de preuve concluante que la consommation de lait et/ou de produits laitiers contenant la bactérie Coxiella burnetii (responsable de la fièvre Q) ait entraîné une fièvre Q chez l’homme.
Pire, la pasteurisation, mesure prônée par l’AFSCA, pourrait même accroître les risques de contamination des produits à base de lait en éliminant les équilibres que lui confère sa flore originelle. Etant donné que la transmission de la fièvre Q se fait essentiellement par voie aérienne, la bactérie pathogène ale champ libre pour se développer après la pasteurisation du lait. La contamination du lait peut donc encore se faire après pasteurisation !
Il est particulièrement interpellant que l’AFSCA justifie sa décision en évoquant des cas d’infection observés au Pays-Bas alors que le lait cru n’est pas en cause dans ces contaminations. On peut également douter de la plus-value globale de ces mesures alors que les maladies animales se répandent comme une traînée de poudre essentiellement par la concentration des animaux dans de grands élevages intensifs et leur transport sur de longues distances.
Ecolo invite dès lors la Ministre Laruelle à refuser une mesure inappropriée et l’Afsca à privilégier la concertation avec les acteurs du secteur et les mesures prioritaires qui font consensus dans la lutte contre la fièvre Q.
Pour Ecolo, l’AFSCA et les politiques concernant l’élevage et la sécurité alimentaire doivent éviter de porter atteinte, par des mesures dont les avantages pour la santé publique ne sont pas validés, aux filières de production dont l’expertise, les pratiques et les produits contribuent à préserver l’immunité animale et humaine.
A la veille de l’ouverture du salon Valériane, Ecolo souhaite donc dénoncer une fois de plus la dérive actuelle vers une production alimentaire industrialisée et aseptisée, qui affaiblit les défenses immunitaires et la biodiversité.
Thérèse Snoy
Députée fédérale
Monika Neumann et Patrick Dupriez
Députés wallons
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